C'est pas la crise pour tout le monde...

Publié le par Niodayoda

 

Alors qu'en guise de pause dans les "sommets de la dernière chance que cette fois c'est vraiment la dernière" pour sauver l'euro nous avons eu droit à une dégradation de notre AAA sacralisé il y a quelques temps par le Président, le gouvernement et sa majorité parlementaire, un décret n°2012-32 du 9 janvier 2012 relatif aux emplois de chef de service et de sous-directeur des administrations de l'Etat a été publié le 11 janvier dernier au Journal officiel.

 

Son objet, déterminé par l'article 1er est le suivant :

"Le présent décret fixe les conditions de nomination et d'avancement dans les emplois de chef de service et de sous-directeur des administrations centrales et administrations assimilées, des services à compétence nationale, des établissements publics administratifs de l'Etat, des autorités administratives indépendantes non dotées de la personnalité morale et des services administratifs placés sous l'autorité du secrétaire général du Conseil d'Etat et du secrétaire général de la Cour des comptes."

 

En décodé pour les non-initiés, il vise à valoriser les fonctions des fonctionnaires appartenant à la "upper-middle class" (à moins que ce ne soit plutôt des "lower-upper class") de la fonction publique; Soit des fonctionnaires qui ne sont pas ce qu'on appelle des "hauts fonctionnaires" mais qui ne font pas non plus partie de la plèbe quand même.

Comme l'ensemble des textes de ce type, un certain nombre de dispositions sont plutôt fumeuses et décrivent de la manière la plus élogieuse les admirables fonctions occupées par cette armée mexicaine ces fonctionnaires dévoués corps et âme à l'intérêt général.

 

Premier article intéressant, l'article 4, qui réservent ces emplois à des fonctionnaires appartenant à des corps déterminés, en en laissant la moitié à des fonctionnaires appartenant à d'autres corps un peu mois prestigieux.

 

Nouvelle bizarrerie à l'article 8 : la Commission administrative paritaire, en principe consultée en cas d'avancement, mutation ou mobilité d'un fonctionnaire de son corps, ne le sera pas ici. Ce qu'un décret peut faire, un autre décret peut le défaire ou y déroger, c'est vrai, mais il s'agit bien ici d'une exception à un principe général, inchangé depuis 1984.

 

Ce qui vraiment fait tiquer à la lecture de ce texte, c'est son article 14 - au Chapitre II "DIspositions transitoires et finales" - et plus particulièrement le 2e alinéa du I de cet article :

"Ils sont reclassés à l'indice immédiatement supérieur, sans conservation d'ancienneté, dans leur nouvel emploi."


Ah ben ça alors ! Sans rien faire d'autres que ce qu'ils faisaient déjà, voilà un nombre non négligeables de fonctionnaires se trouvant du jour au lendemain augmentés ! Elle est pas belle la vie ?

 

Si vous me faites l'honneur de commenter ce billet, certains d'entre vous ami(e)s lecteurs/trices me direz peut-être "Augmentés ok, mais si c'est de 10 € je vois pas où est le scandale" ou quelque chose d'approchant.

 

Sauf que ce n'est pas de 10 ou 20 € dont nous parlons mais de sommes plus conséquentes :

 

Entre le 1er et le 2e échelon : 3 398,63 €3 801,47 € soit 402,84 € d'augmentation du salaire mensuel brut ;

Entre le 2e échelon et le 3e échelon : 3 801,47 €4 458,97 € soit 657,5 € d'augmentation ;

Entre le 3e échelon et le 4e échelon : 4 458,97 €4 898,85 € soit 439,88 € d'augmentation.

 

Une petite précision avant de conclure : cette rémunération n'est que la part fixe de leur rémunération totale, souvent largement complétée par des primes, dont la transparence n'est pas la première des vertus...

 

L'Etat a donc versé des dividences à ces actionnaires et décidé d'appliquer la fameuse prime pour (certains) de ces "salariés" ?

 

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