Samedi 14 avril 2012 6 14 /04 /Avr /2012 15:21

Je me suis trouvé très étonné au moment d'écrire ce billet quand j'ai découvert que je n'avais pas créé de catégorie "Politique" sur mon blog !

En effet je m'intéresse à la politique depuis l'âge de 13-14 ans, et sans avoir jamais - à ce jour - été encarté dans un parti je me suis pas mal investi lors des primaires socialistes citoyennes pour la candidature d'Arnaud Montebourg.

Bref, tout ça pour dire que la politique est un sujet qui me passionne et qu'il est donc étonnant que sur les 9 billets que j'ai publié avant celui-ci aucun ne soit directement sur la politique.

 

Mais revenons au sujet de ce billet.

Mercredi matin, je reçois un texto de mon ami graoum me demandant si un moment en compagnie de quelques autres blogueurs twittos privilégiés avec Arnaud Montebourg me bottait. Mais "carrément ouais" !

Je pars donc à une heure indécemment précoce du boulot pour me trouver aux alentours de 18h à la station de métro Ménilmontant, et me retrouve directement confronté à un attroupement de 150-200 personnes, et je reconnais immédiatement la voix de l'excellent orateur qu'est Arnaud Montebourg.

Stand-up façon caravane, avec cette fois-ci la tête de François Hollande sur le "parapluie" au lieu de la sienne, Arnaud Montebourg discourt devant les passants regroupés, certains passent en maugréant contre cette perturbation de leur routine habituelle, d'autres écoutent quelques minutes d'un air vaguement amusé.

Je retrouve quelques amis que je ne suis pas surpris de voir ici, puis peu de temps avant la fin des questions posées par le public (c'est aussi ça la démocratie !), nous nous dirigeons vers un bar plus haut sur la colline de Ménilmontant pour ce "moment privilégié" avec Arnaud Montebourg.

Définition de "moment privilégié" : une longue table en sous-sol d'un bar très sympa nous a été réservée, avec chips et cacahuètes offertes par la maison, et Arnaud Montebourg a une grosse demie-heure devant lui pour discuter avec nous, répondre à nos questions ou remarques, débattre, etc.

C'est pour moi aussi l'occasion de rencontrer d'autres blogueurs twittos que je ne connaissais que "des internets" comme @intox2007 @sebmusset @menilmuche ou @mipmip (j'en profite ici pour vous inviter à lire les billets de intox2007 et sebmusset qui eux ont pris des notes ou enregistrés cette conversation et l'ont mieux retranscrite que je ne le fais ici).
Nous avons abordé différents sujets, des fonctions de député qu'Arnaud Montebourg ne souhaite plus exercer aux "affaires" - du PS mais surtout celles qui encerclent le candidat-président - en passant par le manque de représentativité de la jeunesse au sein du Parlement et plus globalement au sein de toute la classe politique, ou encore du nucléaire, sujet qui me passionne comme le savent mes fidèles lecteurs.
Comme je l'ai dit plus haut, d'autres participants à cette rencontre ont très bien décrits, citations à l'appui, les échanges que nous avons eu, je n'y reviendrais pas.

 

Ce que je voulais écrire ici ce sont plus les conséquences que ce moment, et le meeting ensuite à la Bellevilloise en soutien à François Hollande (avec les discours de la députée Danièle Hofsman-Rispal, du maire du 10e arrondissement Rémi Féraud, du sénateur David Assouline, et d'Arnaud Montebourg) ont eu sur le choix de mon vote pour le 1er tour des élections présidentielles la semaine prochaine.
Si je n'ai jamais été encarté, j'ai voté à gauche à toutes les élections auxquelles j'ai participé depuis 1999.
J'ai voté Lionel Jospin en 2002 (en critiquant gentiment une amie qui avait voté Mamère au 1er tour pour voter Jospin au 2e), et Ségolène Royal en 2007.

Satisfait mais finalement un peu déçu du score d'Arnaud Montebourg au 1er tour des primaires, sa campagne m'ayant pour le coup vraiment emballé, j'étais tout de même dans l'optique de voter François Hollande, sans plus de convictions.

Puis, titillé par quelques connaissances un peu plus à gauche sur l'échiquier politique, et après avoir assisté à l'historique marche vers la Bastille de Jean-Luc Mélenchon (oui, historique, je n'avais jamais vu une telle foule sur la place de la Bastille, et le Faubourg Saint Antoine était noir de monde jusqu'à Faidherbe-Chaligny...), je me suis mis à hésiter et à pencher un peu plus vers un vote pour le tribun Mélenchon.

La relative absence de l'écologie dans le programme de François Hollande comparé à celui de Jean-Luc Mélenchon m'incitait à aller vers ce choix.

Et bien la conviction d'Arnaud Montebourg dans le programme de son ancien adversaire aux primaires m'a convaincu.


"La primaire a joué son rôle de rassemblement. Nous avons fusionné derrière le vainqueur (..) il a fusionné aussi les propositions (…) portées par une génération nouvelle de candidats (..) je ne suis pas le seul”  (…) le François Hollande d’aujourd’hui n’a pas grand chose à voir avec celui de la primaire (..) il faut dire aux gens : fermez la télévision, qu’ils aillent sur internet, qu’ils lisent les programmes".

Cette dernière phrase m'a particulièrement perturbé : je passe beaucoup plus de temps à naviguer sur Internet qu'à regarder la télévision (en proscrivant TF1 à l'exception près de séries TV ou films me permettant d'offrir un peu de temps de cerveau disponible à Coca-Cola™), je m'informe sur plusieurs sites de presse et sources directes, etc, et pourtant j'avais la quasi-certitude que le programme de François Hollande était trop mou, pas assez à gauche, ...

J'avais bien évidemment l'intention de lire les programmes de tous les candidats (sauf ceux de Sarkozy et Marine Le Pen, pas de temps à perdre pour ça non plus), mais il est vrai qu'une lecture attentive du programme de François Hollande permet de se débarrasser de cette impression de gauche molle/capitaine de pédalo/Flamby et autres qualificatifs tout aussi sympathique.

 

J'ai aujourd'hui l'impression que le succès de la campagne d'Arnaud Montebourg aux primaires et la campagne réussie de Jean-Luc Mélenchon pour l'élection présidentielle auront contribué à replacer à gauche un parti socialiste qui dérivait vers le centre droit depuis quelques années.

C'est donc finalement grâce à une dynamique extérieure (Mélenchon) et intérieure (Montebourg) que le PS se déplacera vers la gauche, là où il peut gagner une élection.

Par Niodayoda - Publié dans : Un peu de politique
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Dimanche 25 mars 2012 7 25 /03 /Mars /2012 12:10

Je serais touché par ce texte même dans un autre contexte, mais là sachant qu'il s'agit d'une amie, ça me touche encore plus...

Je ne m'étendrais pas plus, je la laisse exprimer, anonymement - devoir de réserve oblige - cette blessure profonde qu'elle ressent


Lettre ouverte d'une "française d'origine algérienne" au Président de la République et à l'ensemble des candidats à l'élection présidentielle

Monsieur le Président de la République, Mesdames et Messieurs,


Les assassinats de Montauban et la fusillade de Toulouse ont suscité une vive émotion en France et dans le monde, en particulier au sein de la communauté musulmane, touchée et blessée par l'horreur des actes en cause qu'elle condamne fermement.
Cette même communauté est également atteinte et impactée de manière très pernicieuse et durable, par les conséquences de ces actes sur sa place dans la société française.

Ces conséquences, je les vois, je les perçois, je les guette, je les appréhende, je les redoute, je les entends, je les sens, et ce, simplement en allumant mon poste de télévision, en écoutant la radio ou en lisant les unes des grands quotidiens nationaux.

Cette peur face à un regain manifeste d'islamophobie, je la ressens, physiquement même, au plus profond de mes entrailles, avec une boule au ventre dont je n'arrive pas à me défaire depuis ce début de semaine. Malgré les affichages théoriques d'union nationale et de rassemblement, une immense chape de plomb s'est abattue sur les musulmans de France. Ceux-là mêmes qui sont attaqués depuis des mois maintenant sur l'abattage rituel, le voile ou encore la construction de mosquées.


Je m'en remets donc à vous, et en appelle à votre sens de la responsabilité politique.

Ce cri du cœur, je ne suis pas la seule à vouloir l'exprimer.

Née en France, dans une petite ville de province, de parents algériens, humbles ouvriers, au début des années 80, je suis française et républicaine.
Mais aussi musulmane pratiquante, laïque et titulaire de deux passeports différents.

Tout cela à la fois, sans antinomie, et c'est bien cela qui fait ma richesse mais aussi ma fierté.

J'ai grandi paisiblement dans ce pays, que j'aime, qui a contribué à ma construction personnelle, et pour lequel je travaille aujourd'hui, engagée avec conviction en faveur de l'intérêt général et du service public.

Pourtant, les amalgames insidieux que j'observe, vont se multiplier ces prochaines semaines, avec d'autant plus d'acuité que nous sommes en période électorale. Et je dis cela sans pessimisme ou fatalisme aucun, simplement avec humanité et sincérité.

Concrètement, ces amalgames apparaissent de manière discrète et sournoise mais se diffusent progressivement, tel un venin destructeur.

Ils se manifestent lorsque sont associés, volontairement, les termes, pourtant très différents, de « musulman », « salafiste », « djihadiste », « islamiste », « terroriste », le tout entrainant nécessairement de la confusion et un mépris certain pour l'ensemble de la communauté musulmane. Revenons à la sémantique pure et n'utilisons pas à tout-va des termes qui ne signifient pas, loin de là, la même chose.

Ces amalgames se manifestent tout autant à travers la répétition, continue et donc anxiogène, de propos du type « français d'origine algérienne ». Un français est un français tout court. A quoi bon insister sur la région d'origine des uns ou des autres ? Pourquoi ressentir le besoin de le faire dans ce cas particulier ?

Accoler en permanence « algérien », « terroriste » et « musulman » ne peut que brouiller l'inconscient collectif et distiller davantage de haine contre le celui qui est de plus en plus désigné comme LE responsable de nombreux maux de la République, le musulman... Musulman dont on ne sait finalement que peu de choses, et dont la voix (dans les deux sens du terme) n'a que peu de valeur.

Vous ne pouvez, Monsieur le Président de la République, Mesdames et Messieurs, ignorer mes craintes, lesquelles sont celles millions de citoyens français, nés dans ce pays, fiers de lui appartenir et de contribuer à sa beauté ainsi qu'à sa richesse. 

Ces citoyens ne sont pas écoutés, ils n'ont pas leur place dans les médias (ce n'est d'ailleurs pas avec la pseudo-représentation du CFCM, entité contrôlée par le ministère de l'Intérieur et qui n'a même pas la personnalité juridique, qu'ils le seront !), ils sont oubliés de la campagne électorale, et surtout, ils ont mal, très mal.

Mal d'être assimilés, de manière bien évidemment toujours perfide et sournoise, à des terroristes, à des antisémites (on oublie d'ailleurs trop souvent que les peuples sémites ne sont pas seulement juifs mais également des peuples du Proche Orient parlant des langues sémitiques) ou à des extrémistes.

Mal d'être visés de manière récurrente comme les seuls et uniques pourfendeurs du principe de laïcité.

Je vous le demande solennellement, et sans angélisme, ne rabaissez pas certains des citoyens de notre belle Nation, une et indivisible.

Dîtes explicitement aux musulmans de France que vous les aimez, que vous avez besoin d'eux, qu'ils participent au développement de leur pays et contribuent à l'élever encore, dans l'Histoire de l'Europe et dans celle du monde.

Je vous en conjure, écoutez et entendez les cris et la voix des musulmans de France et œuvrons ensemble, en toute fraternité, à la réparation de la fêlure que ces hommes et ces femmes ressentent depuis de nombreux mois, et encore plus en ces moments tragiques.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, Mesdames et Messieurs, en l'expression de ma haute considération.

S.

Edit :
Je n'ai pas l'exclu de cette lettre, à quelques heures près, celle-ci ayant été publiée ce matin sur le blog FHIMT.com : Media social citoyen Fi Tounès

 

Par Niodayoda
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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 19:58

 

Commençons par le commencement : le terme "off".

N'étant pas journaliste, on pourrait penser qu'il s'agit d'un raccourci, comme on en utilise souvent dans toutes les professions, du mot "officieux", dont le wiktionnaire donne la définition suivante :

  • (Vieilli)  Qui est prompt à rendre de bons offices, serviable.
    • Il est très officieux.
    • (Par extension) Mensonge officieux, mensonge pour faire plaisir à quelqu’un, ou pour lui rendre service sans nuire à personne.
  • Non officiel ou semi-officiel, donné à titre de complaisance, à propos de renseignements de source autorisée.
    • Je connais cette nouvelle, non pas d’une manière officielle, mais d’une manière officieuse

 

Si cette interprétation a un sens et correspond parfois à la situation visée lorsque les médias écrivent/disent "en off", l'expression provient plus souvent de l'expression anglaise "off the record" que le dictionnaire Reverso traduit par "officieux, officieusement" mais google traduction par "secret, confidentiel".

 

Personnellement, pour un "outil de travail" journalistique (mea culpa mais je ne vois pas meilleure expression) aussi chargé en terme éthique, il me semble qu'il y a d'ores et déjà un problème.

 

En effet dans la 1ère définition, "off" signifie que la source du journaliste souhaite conserver son anonymat. Il s'agit donc ici de la question primordiale de la protection des sources, peu appréciée du gouvernement actuel et de certaines grosses entreprises de BTP, ce qui constitue en soi un motif suffisant pour en garantir la protection.

 

On pourrait quand même ici s'interroger une seconde sur cette pratique : parfois/souvent nécessaire, doit-elle toutefois être la règle ?

 

La source s'exprimant anonymement ne cherche-t-elle pas à manipuler l'information ? Lorsque la source est nominativement désignée, elle s'exprime généralement es qualité. Le lecteur dispose ainsi de plus d'éléments pour juger de la fiabilité de cette information.

Evidemment, simple lecteur que je suis, je ne doute pas qu'un journaliste digne de ce nom recoupe l'information donnée par une source anonyme avec le plus grand nombre de sources possibles, mais cela ne suffit pas selon moi à trancher définitivement et clairement la question posée plus haut, que seul un Code de déontologie pourrait trancher.

 

Dans la 2e définition, "off" ne signifie absolument pas que la source souhaite conserver son anonymat, mais qu'elle ne souhaite pas que ses propos soient diffusés. La différence entre les deux significations de ce même mot de trois lettres est assez nette !

Cette seconde acception pose elle aussi la question de la manipulation, mais sous une forme différente : la source ici peut chercher à diffuser ses propos de manière plus insidieuse, les journalistes en étant ultérieurement inspirés, mais moins consciemment, et ne les citant pas. Elle peut aussi tout simplement chercher à se détacher des conventions usuellement applicables, en clair, sortir de la langue de bois.

 

Une question nouvelle se pose ici : si parler avec la langue de bois dérange celui qui parle et ceux qui l'écoutent, pourquoi continuer d'en user ?

Et si tous les acteurs trouvent un intérêt à ces discussions libres, informelles, peu importe leur qualificatif, est-il normal qu'aujourd'hui tout propos rapporté en "off" soit diffusé dans les heures qui suivent ?

Est-ce bien déontologique ?

 

Grâce à cette transition d'une finesse sans nom, j'en reviens au Code de déontologie déjà évoqué.

 

38e (sur 179) au classement de la liberté de la presse de Reporters sans Frontières, la France ne dispose pas aujourd'hui d'un Code de déontologie proprement dit. 

Un projet dit "code Frappat" était à l'étude depuis les Etats généraux de la presse écrite de 2009, mais un communiqué du 6 juillet 2011 de la Commission éponyme en a annoncé l'échec.

Cela ne signifie pas pour autant que la presse française soit dépourvue de toute éthique ou déontologie puisqu'existent une charte d'éthique professionnelle du journaliste et la convention collective nationale de travail des journalistes .

 

Dans la charte d'éthique professionnelle, deux points me semblent pouvoir se rapporter à cette question du "off" ; (le journaliste) :

  • "Exerce la plus grande vigilance avant de diffuser des informations d’où qu’elles viennent ;"
  • "Refuse et combat, comme contraire à son éthique professionnelle, toute confusion entre journalisme et communication ;"

Deux points également dans le projet avorté de code Frappat :

  • "2-4 L’origine des informations publiées doit être clairement identifiée afin d’en assurer la traçabilité. Le recours à l’anonymat n’est acceptable que lorsqu’il sert le droit à l’information ; dans ce cas, le journaliste en avertit le public après avoir informé son supérieur hiérarchique de la nature de ses sources."
  • "4-1 Le journaliste garde recul et distance avec toutes les sources d’information et les services de communication, publics ou privés. Il se méfie de toute démarche susceptible d’instaurer entre lui-même et ses sources un rapport de dépendance, de connivence, de séduction ou de gratitude."

La question que je soulevais plus haut de savoir si l'anonymat des sources doit être généralisé ou non trouvait dans le code Frappat une réponse au 2-4, satisfaisante pour les uns, exécrables pour d'autres qui préfèreraient l'anonymat comme principe et l'identification comme l'exception, mais un sens était donné.

 

Quant à la pratique du "off" seconde définition, est-elle "une démarche susceptible d'instaurer entre lui-même et ses sources un rapport de connivence" dont le journaliste doit se méfier ?

Difficile de répondre à cette question puisqu'intrinsèquement, les règles déontologiques sont floues, molles, par opposition aux normes juridiques, réglementaires qu'on qualifie de droit dur.

 

L'équilibre entre le flou naturel de ce type de règles et leur effectivité est malaisé à trouver.

 

Au Québec, le guide de déontologie des journalistes me paraît avoir réussi cet exercice en précisant clairement que "les journalistes ne sont pas tenus de respecter les règles de conversation ("off the record", "background", publication sans attribution) auxquelles ils n'ont pas donné un accord explicite. Ces règles doivent être établies avant la conversation et non après. Les journalistes limitent le plus possible le recours à ces règles de conversation qui peuvent faciliter leur manipulation par les sources".

 

Autre formulation de cette même règle déontologique au niveau européen, au sens large ici, puisqu'il s'agit de l'espace du Conseil de l'Europe, dans la résolution 1003 de 1993 relative à l'éthique du journalisme de son Assemblée :

  • "Dans les rapports nécessaires qu'il leur faut entretenir avec les pouvoirs publics ou les milieux économiques, les journalistes doivent éviter d'en arriver à une connivence de nature à nuire à l'indépendance et l'impartialité de leur profession."

Petite aparté ici destiné à Aliocha et à ses commentateurs qui me feront le plaisir de me lire, dans les 3 derniers paragraphes de la résolution, l'Assemblée du Conseil de l'Europe recommande vivement que la profession s'autocontrôle !

 

Parce qu'il faut savoir conclure (particulièrement quand on écrit la nuit...), je laisse de côté l'épineuse question de la sanction des manquements aux règles déontologiques, pour simplement affirmer la nécessité selon moi d'un Code de déontologie de la profession de journaliste.

La énième "polémique" suite à la révélation d'un "off" de Nicolas Sarkozy est une excellente occasion pour discuter à nouveau de la déontologie des journalistes.

 

Pourquoi le projet de code "Frappat" n'a-t-il pas abouti ?

 

Discutons - notamment - de cette question en commentaires !

 

  

Courroye-fadettes.jpg

 

Edit : Au moment où je m'apprête à puiblier ce billet, je découvre cet excellent article sur Libération que je ne peux que vous conseillez de lire, après avoir lu mon bilelt !

Par Niodayoda - Publié dans : Médias
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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 21:49

 

Alors qu'en guise de pause dans les "sommets de la dernière chance que cette fois c'est vraiment la dernière" pour sauver l'euro nous avons eu droit à une dégradation de notre AAA sacralisé il y a quelques temps par le Président, le gouvernement et sa majorité parlementaire, un décret n°2012-32 du 9 janvier 2012 relatif aux emplois de chef de service et de sous-directeur des administrations de l'Etat a été publié le 11 janvier dernier au Journal officiel.

 

Son objet, déterminé par l'article 1er est le suivant :

"Le présent décret fixe les conditions de nomination et d'avancement dans les emplois de chef de service et de sous-directeur des administrations centrales et administrations assimilées, des services à compétence nationale, des établissements publics administratifs de l'Etat, des autorités administratives indépendantes non dotées de la personnalité morale et des services administratifs placés sous l'autorité du secrétaire général du Conseil d'Etat et du secrétaire général de la Cour des comptes."

 

En décodé pour les non-initiés, il vise à valoriser les fonctions des fonctionnaires appartenant à la "upper-middle class" (à moins que ce ne soit plutôt des "lower-upper class") de la fonction publique; Soit des fonctionnaires qui ne sont pas ce qu'on appelle des "hauts fonctionnaires" mais qui ne font pas non plus partie de la plèbe quand même.

Comme l'ensemble des textes de ce type, un certain nombre de dispositions sont plutôt fumeuses et décrivent de la manière la plus élogieuse les admirables fonctions occupées par cette armée mexicaine ces fonctionnaires dévoués corps et âme à l'intérêt général.

 

Premier article intéressant, l'article 4, qui réservent ces emplois à des fonctionnaires appartenant à des corps déterminés, en en laissant la moitié à des fonctionnaires appartenant à d'autres corps un peu mois prestigieux.

 

Nouvelle bizarrerie à l'article 8 : la Commission administrative paritaire, en principe consultée en cas d'avancement, mutation ou mobilité d'un fonctionnaire de son corps, ne le sera pas ici. Ce qu'un décret peut faire, un autre décret peut le défaire ou y déroger, c'est vrai, mais il s'agit bien ici d'une exception à un principe général, inchangé depuis 1984.

 

Ce qui vraiment fait tiquer à la lecture de ce texte, c'est son article 14 - au Chapitre II "DIspositions transitoires et finales" - et plus particulièrement le 2e alinéa du I de cet article :

"Ils sont reclassés à l'indice immédiatement supérieur, sans conservation d'ancienneté, dans leur nouvel emploi."


Ah ben ça alors ! Sans rien faire d'autres que ce qu'ils faisaient déjà, voilà un nombre non négligeables de fonctionnaires se trouvant du jour au lendemain augmentés ! Elle est pas belle la vie ?

 

Si vous me faites l'honneur de commenter ce billet, certains d'entre vous ami(e)s lecteurs/trices me direz peut-être "Augmentés ok, mais si c'est de 10 € je vois pas où est le scandale" ou quelque chose d'approchant.

 

Sauf que ce n'est pas de 10 ou 20 € dont nous parlons mais de sommes plus conséquentes :

 

Entre le 1er et le 2e échelon : 3 398,63 €3 801,47 € soit 402,84 € d'augmentation du salaire mensuel brut ;

Entre le 2e échelon et le 3e échelon : 3 801,47 €4 458,97 € soit 657,5 € d'augmentation ;

Entre le 3e échelon et le 4e échelon : 4 458,97 €4 898,85 € soit 439,88 € d'augmentation.

 

Une petite précision avant de conclure : cette rémunération n'est que la part fixe de leur rémunération totale, souvent largement complétée par des primes, dont la transparence n'est pas la première des vertus...

 

L'Etat a donc versé des dividences à ces actionnaires et décidé d'appliquer la fameuse prime pour (certains) de ces "salariés" ?

 

  euros.jpg dossiers.jpg    


Par Niodayoda - Publié dans : Ah, la fonction publique !
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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 21:23

Oui, je sais, le titre de ce billet est surprenant n'est-ce pas ?

Et pourtant, si l'on navigue à l'occasion sur le site de l'Elysée, on y découvre en cherchant profondément la vraie pensée de notre Président, et attention, ça décoiffe !

Je n'oserais tenter d'interpréter la parole présidentielle sans risquer de la salir : je vous laisse donc pantois devant ce magnifique texte d'écologie politique (je me suis tout de même autoriser à graisser et souligner les passages les plus importants) :

 

"La France n'est pas en retard mais la France veut maintenant être en avance. Et c'est tout le changement, José Manuel, que nous voulons proposer aujourd'hui en France. Notre ambition n'est pas d'être aussi médiocre que les autres sur les objectifs, ce n'est pas d'être dans la moyenne. Notre ambition, c'est d'être en avance, d'être exemplaire. La France a plaidé à l'ONU en faveur d'un New Deal économique et écologique planétaire. La France ne peut pas espérer que son appel sera entendu si elle ne s'impose pas à elle-même l'exigence la plus forte. Comment devenir un exemple si on n'est pas capable de s'appliquer à soit les règles qu'on voudrait voir retenues par les autres ? C'est dans cet esprit que j'ai voulu ce Grenelle.

[…]

Il faut avoir le courage de décider autrement, de changer les méthodes, de préférer la décision issue de la négociation plutôt que la décision issue de l'administration. Reconnaissons que le dialogue à cinq (syndicats, entreprises, ONG, élus et administration), c'est un succès sans précédent.

Le Grenelle n'est pas une fin, c'est un commencement. Et nous allons confier aux cinq le suivi de ce qui a été décidé en commun. Nous allons constituer plusieurs groupes de travail, « logement », « transport » etc. Mais je vous propose que, pour tous les grands projets, tous, par exemple ceux soumis à enquête publique, la décision négociée à cinq se substitue à la décision administrative.

C'est un changement complet dans la logique de décision gouvernementale. C'est une révolution dans la méthode dont on mesurera les implications dans quelques années, et je vous propose de donner aux organisations non gouvernementales environnementales leur place dans nos institutions, et notamment au Conseil économique et social.

Il faut avoir le courage de reconnaître que nous ne pouvons plus définir des politiques en ignorant le défi climatique, en ignorant que nous détruisons les conditions de notre survie.

Premier principe : tous les grands projets publics, toutes les décisions publiques seront désormais arbitrées en intégrant leur coût pour le climat, leur coût en carbone. Toutes les décisions publiques seront arbitrées en intégrant leur coût pour la biodiversité. Très clairement, un projet dont le coût environnemental est trop lourd sera refusé.

Deuxième principe, nous allons renverser la charge de la preuve. Ce ne sera plus aux solutions écologiques de prouver leur intérêt, ce sera aux projets non écologiques de prouver qu'il n'était pas possible de faire autrement. Les décisions dites non écologiques devront être motivées et justifiées comme ultime et dernier recours.

C'est une révolution dans la méthode de gouvernance de notre pays totale et nous allons appliquer immédiatement ce principe à la politique des transports. Le Grenelle propose une rupture ; je propose de la faire mienne. La priorité ne sera plus au rattrapage routier mais au rattrapage des autres modes de transports.

[…]

Il faut donc avoir le courage de dire que la hausse des prix des hydrocarbures sera permanente. Il faut avoir le courage de dire qu'il n'y aura plus de pétrole avant la fin du siècle. Il faut avoir le courage de reconnaître que nous ne connaissons pas tous les effets à long terme des cent mille substances chimiques commercialisées. Il faut avoir le courage de reconnaître que nous n'avons pas toujours été exemplaires.

[…]

Ce qui me permet de revenir sur la question du principe de précaution : proposer sa suppression au motif qu'il briderait l'action repose, à mes yeux, sur une grande incompréhension. Le principe de précaution n'est pas un principe d'inaction, c'est un principe d'action. C'est un principe d'action et d'expertise pour réduire l'incertitude. Le principe de précaution n'est pas un principe d'interdiction. C'est un principe de vigilance et de transparence. Il doit donc être interprété comme un principe de responsabilité.

 

Après avoir relu ce grandiloquent discours, je me suis dit que l'auteur des lignes suivantes allait très certainement "avoir des problèmes" comme disent les excellents Omar et Fred dans le SAV :

 

"Enfin je voudrais terminer par cela : j'ai conscience que l'aspect tatillon de certains règlements administratifs vous insupporte. Parce que chez nous, ce n'est pas simplement qu'on a une administration, c'est qu'en plus elle fait son travail. Chez certains de nos voisins, que je ne citerai pas mais que j'aime beaucoup, on vote des lois, mais on ne les applique par toujours. Chez nous, ce n'est pas qu'on les applique, c'est qu'on en fait plus que ce que souvent le législateur a voulu.

Je prends l'exemple des règles environnementales, la question de l'eau, ou la protection de l'environnement. Naturellement qu'il faut protéger l'environnement. Ce paysage extraordinaire qui est le vôtre, vous n'accepteriez pas qu'on le bouleverse. Mais, là encore, tout est une question de mesure et nous allons prendre un certain nombre de décisions pour relâcher la pression. La préservation de l'environnement, ce n'est pas empêcher quiconque de faire quoi que ce soit. Dorénavant n'importe quelle association qui veut empêcher un maire, un élu, une initiative, peut le faire. On ne se pose même plus la question du beau, ou du laid, on se pose la question du légal ou de l'illégal, et comme plus personne ne veut prendre ses responsabilités c'est la rétractation générale, on paralyse un territoire, on empêche tout le monde de prendre des initiatives. Il faut absolument lever le pied de ce point de vue."

 

Il y en a vraiment qui manque pas de culot n'est-ce pas d'oser contredire de façon aussi frontale le discours présidentiel ? Ce sont très certainement les paroles d'un candidat à l'élection présidentielle qui souhaite se faire remarquer non ?

Allez, fini le suspense. Le premier texte est extrait du discours de Nicolas Sarkozy à l'occasion de la restitution des conclusions du Grenelle de l'environnement le 25 octobre 2007, et le second date du 14 janvier 2012, à l'occasion des voeux au monde rural de Sarkozy Nicolas.

A cette occasion d'ailleurs il nous a offert un petit bonus que je me dois de partager avec vous : une nouvelle attaque contre les juges, administratifs cette fois-ci :

 

"Ce que je dis sur l'environnement, je le dis également pour la chasse. Là encore les chasseurs ne sont pas les ennemis, ce n'est pas les adversaires de l'environnement. Il y a des décisions récentes qui ont été prises par le Conseil d'État qui sont vécues par une partie de nos compatriotes comme vraiment un souci non pas de résoudre un problème, mais de les empêcher de profiter de ce que l'on pourrait appeler un petit bonheur. J'ai entendu ce message, je recevrai d'ailleurs les associations de chasseurs sur ce sujet-là. Mais je pense que, là encore, on devrait avoir moins de règles, des règles plus compréhensibles, plus lisibles, parfaitement respectées et pour le reste, laisser les gens tranquilles qui ont déjà bien des problèmes à surmonter dans leur vie quotidienne."

Girouette.jpg

Par Niodayoda - Publié dans : Ecologie/Environnement
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  • : Tribulations : nom féminin pluriel (latin tribulatio, tourment) "Suite d'aventures plus ou moins désagréables, de revers, d'obstacles surmontés" Larousse Voilà pour une description de ce blog une bonne introduction : une fois la définition du terme rappelée, on peut plus facilement s'imaginer ce que sera ce lieu : le reflet des errements de mon esprit, de mes lectures, sur le web ou ailleurs, de mes conversations et surtout des réactions que me provoquent les activités susmentionnées.
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